Québec, 14 juin 2007

En réponse à l'article du Voir du 14 Juin dernier, L'art actuel dans tous ses états.

De : M. Richard Martel, coordonnateur Le Lieu, centre en art actuel.

À :  M. David Desjardins, rédacteur en chef du journal Voir, édition Québec

Bonjour David Desjardins,

Devant le pouvoir journalistique et médiatique se cache souvent une médiocrité intellectuelle et une tendance à une sorte de conservatisme débile et insignifiant, j’ai nommé ici Monsieur Alexandre Motulsky-Falardeau qui depuis quelques mois écrit dans la section Arts visuels du Voir Québec. Dans le micro milieu de l’art actuel à Québec, nous sommes vraiment fatigués de lire les débilités de ce type qui par ses écrits témoigne d’un conservatisme de droite et d’une pensée arriérée du XIXe siècle, bourrée de contradictions, d’erreurs, d’imprécisions, de clichés. Son texte, paru dans l’édition du jeudi 14 juin du Voir Québec, nous a laissé interrogateur.

Car, si ce genre d’écrit sur l’art est publié en 2007, nous courrons un grand danger dans la région de Québec. Pourquoi, sous prétexte de neutralité, engager un journaliste qui ne connaît pas son corpus et qui écrit des inepties avec un étourdissant système de contradictions : " Bref au fur et à mesure qu’ils ont emprunté au théâtre […]. Certes, ils ont influencé le cinéma et le théâtre ". Par exemple, il parle de " performateurs ", non de performeurs et il veut narcissiquement essayer de manifester un pouvoir sans comprendre ce qu’il écrit, sans saisir les recherches, les innovations, les propositions artistiques qui expérimentent. Il mentionne même que les véritables avant-gardistes du XXIe siècle sont les graveurs, les peintres et les sculpteurs, ainsi que les danseurs et les poètes. Enfin… Quelle pensée de droite en matière artistique ! Il dit même entendre Duchamp " du haut de son urinoir "; quelle farce, on imagine Duchamp debout sur son urinoir. Bravo !

De plus, il parle " des dirigeants de l’art actuel de Québec " et que Le Lieu, centre en art actuel n’a pas réussi " à s’émanciper des beaux-arts " et plus loin l’inverse : " d’être constamment en train de rejeter les formes traditionnelles des arts visuels au profit des autres formes d’art, tels que le théâtre et la poésie ". Ouf, on respire, on respire ! Le théâtre et la poésie comme " autres formes d’art ". La poésie comme forme d’art, il faut le faire ! La poésie c’est la poésie. Et, au cours des 25 dernières années, ça fait pas mal d’artistes et de productions artistiques, quand même, il écrit que " les installations et les performances […] ne sont pas parvenues à attirer un public suffisant pour qu’on puisse dire qu’ils ont "amélioré" la société ".

Les artistes proposent des univers de transition, des réalisations souvent audacieuses et expérimentales. Nous ne pouvons pas, rejeter 25 années de pratiques artistiques en installation et performance. Il faut avoir une conception restrictive et sectaire pour écrire de telles aberrations. Monsieur Motulsky-Falardeau a de la difficulté à comprendre parce que son discours et ses connaissances sont limités et il ne fait que témoigner de son incapacité à écrire sur l’art, c’est ici une évidence. Il ressemble au Pape qui a refusé de regarder dans la lunette de Galilée, qu’il disait être l’instrument du diable.

Nous ne pouvons quand même pas s’appuyer sur les dadaïstes et Duchamp pour dire que l’installation et la performance sont des pratiques inutiles en sachant pourtant que c’est justement la source de ces pratiques. Les artistes dadaïstes fort iconoclastes ont été un antécédent pour l’art performance. Ici ça frise le ridicule !

De plus, se servir d’un artiste pour élaborer un discours généraliste qui n’a rien à voir avec la couverture journalistique de cette installation démontre une sorte de lâcheté. L’artiste comme prétexte à un défoulement ! Les productions artistiques doivent susciter le débat, c’est essentiel, et l’installation d’Yves Tremblay en est un exemple. Ça fait réfléchir et propose de prendre position, c’est donc un tremplin pour la connaissance.  

Je réitère, il s’agit d’un esprit rétrograde qui témoigne d’un recul historique qui fait pitié. Quelle pauvreté intellectuelle ! Nous ne pouvons pas sous prétexte de neutralité, faire écrire quelqu’un qui ne connaît pas son sujet, qui ignore les critères esthétiques, qui mélange les concepts et se contredit. Un sourd pourrait-il faire de la critique musicale ?
Et tant qu’à y faire, un aveugle de la critique d’art ?

Richard Martel
coordonnateur
Le Lieu, centre en art actuel


L'installation Réverbération
d'Yves Tremblay.
photo: Lucie Marcoux (VOIR)

L'exposition
est prolongée au Lieu

Site de Yves Tremblay

Article d'Alexandre Motulsky-Falardeau
(Voir / Québec / 14 juin 2007)

Lettre de Jean-Pierre Guay
au Voir

Lettre de Daniel Rochette
(Président, Les éditions Intervention)

Lettre de Richard Martel
au Voir

Réponse au Lieu
de David Desjardins
rédacteur en chef de Voir Québec

Réponse d'Yves Tremblay
à L'article de A. Motulsky-Falardeau

Rèponse de Claude Chevalot

Mea culpa
d'alexandre Motulsky-Falardeau

Réponse de Daniel Rochette

Claude Chevalot écrit

Ceci n'est pas une pipe
(blogue)

Voir Québec, l'installatiion,
Le Lieu et Marcel Duchamp,
take 2!!!
L'Interventioniste

En archives:

L'artiste, le public et le médiateur,
Chronique de Richard Ste-Marie
à l'émission Tout l'monde s'en fout pas
(avec François Lemay)
le 3 février 2002.
Pour écouter :
-

Interview de Richard Martel
Le Lieu / Inter
À l'émission L'Aérospatial
(avec Jean-Pierre Guay)
le 20 décembre 2006
Pour écouter :
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